Affichage en français : la loi 96 suscite des réactions mitigées en Outaouais
Les entreprises du Québec doivent désormais se conformer aux dernières dispositions de la loi 96. Le français devra apparaître de façon « nettement prédominante » sur leurs enseignes et leurs produits. En Outaouais, une grande majorité des commerces sont déjà conformes aux nouvelles exigences de la loi 96. Dans le secteur d’Aylmer, certaines enseignes sont unilingues en français, tandis que d’autres sont bilingues, mais le français occupe une place plus importante que l’anglais. La serre et pépinière Nesbitts, située dans le secteur d'Aylmer, a modifié son affichage qui était auparavant en anglais. Photo : Capture d'écran Radio-Canada C’est le cas de la serre et pépinière Nesbitt, anciennement connue comme Nesbitt’s Greenhouse and Nursery, qui a changé son nom sur ses enseignes pour se conformer à la loi 96. Issue d'une famille anglophone établie dans la région depuis 72 ans, la copropriétaire Sylvia Vogt-Nesbitt affirme croire en l'importance d'un service bilingue, particulièrement dans le contexte où la population anglophone est importante dans le quartier. Même si certaines affiches sont uniquement en anglais dans le commerce de Mme Vogt-Nesbitt, elle souhaite que tant les anglophones que les francophones se sentent à l'aise dans son commerce. La copropriétaire de la serre et pépinière Nesbitts, Sylvia Vogt-Nesbitt. Photo : Radio-Canada / Félix Pilon Avant l’entrée en vigueur de la loi 96, André Lemay est d'accord avec les modifications apportées à la Charte de la langue française. M. Lemay souligne la situation particulière de l’anglais dans la région. La propriétaire de la Ferme des Petites Victoires, Alix Tabet, qui vend ses produits dans les marchés publics de l’Outaouais, comprend l’importance de l’affichage en français, mais constate une demande pour des panneaux dans les deux langues officielles. On traduit tout, en français et en anglais. Alix Tabet est propriétaire de la Ferme des Petites Victoires, située à Luskville. Photo : Capture d'écran Radio-Canada Certains, comme Suzanne Savard, ressentent un malaise face aux nouvelles règles de francisation. Elle remet en question la nécessité pour les entreprises de se conformer. Pour certaines entreprises, se conformer à la loi 96 peut engendrer des coûts élevés, prendre du temps et impliquer une lourde charge administrative, souligne la directrice générale du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale, Pascale de Montigny Gauthier. De son côté, le président d’Impératif français, Wassim Aboutanos, se réjouit des obligations d’affichage en français. Wassim Aboutanos est le nouveau président d'Impératif français. Photo : Capture d'écran Radio-Canada Dans un cas de non-conformité, l’Office québécois de la langue française se réserve le droit d’imposer une amende pouvant aller de 3000 $ à 30 000 $ par journée d’infraction. Avec les informations de Félix Pilon

c’était tout en anglais
, explique-t-elle.Des réactions mitigées face à la francisation
Je crois qu'on n'a pas le choix. On est obligé de l’imposer, car les gens se laissent glisser vers la culture anglophone
, affirme-t-il.Il y a une forme d’anglicisation institutionnelle qui s’est faite dans le Pontiac. [...] C’est assez difficile à surmonter, à corriger cette trajectoire
, dit-il.
Ça a rapport avec la séparation [du Québec] encore, je n'aime pas ça
, lance-t-elle.Une transition complexe à réaliser

De ce que je comprends du ministre [Jean-François] Roberge, présentement, tant qu'on sent que les commerces sont engagés dans une démarche pour franciser leur affichage, on va être indulgent et ouvert d’esprit. [...] Il ne faut pas que l’objectif devienne plus lourd que les moyens
, estime M. Aboutanos.
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